La première étape du GR20 donne immédiatement le ton : longue, exigeante, sans pitié pour les jambes fatiguées du voyage. Mais quelle entrée en matière. Dès les premières minutes, le sentier vous propulse hors de la Méditerranée et vers les cimes.
Calenzana (275 m) — Le départ
Le départ officiel se fait depuis l'Oratoire Saint-Antoine-de-Padoue, à la sortie sud-est du village de Calenzana. Avant de partir, faites le plein d'eau : c'est la dernière opportunité avant la seule fontaine de l'étape, à 5 km. Remplissez également votre estomac — un bon petit-déjeuner est indispensable pour cette ascension de près de 1 300 mètres.
Le sentier quitte le village par des ruelles, puis emprunte un ancien sentier muletier entre de grands murs de pierres sèches. On pénètre rapidement dans le maquis méditerranéen dense : cistes, chênes verts, bruyère arborescente. La végétation est parfumée mais la piste est très exposée au soleil. En plein été, ce premier tronçon peut vite devenir éprouvant. Partez dès l'aube.
Fontaine d'Ortiventi (550 m) — L'unique source
Après environ 40 à 50 minutes de marche, vous atteignez la Funtana di Ortivinti, unique source d'eau potable de toute cette étape. Ne passez jamais devant sans remplir vos gourdes, quelle que soit leur niveau. Entre ici et le refuge, il n'y a plus rien. La fontaine est bien visible sur le côté du sentier.
Bocca di u Ravalente (630 m) — Les premières vues
Le sentier continue sa montée régulière à travers la Forêt Communale de Calenzana. Les chênes kermès laissent progressivement place aux châtaigniers et aux pins laricio. On franchit le Ruisseau de Sambucu puis le Ruisseau d'Arghioa. La Bocca di u Ravalente marque l'entrée dans un paysage plus aérien. Depuis cette crête, le regard porte sur la baie de Calvi, l'Île-Rousse et les villages de la Balagne accrochés à leurs collines. Cette vue vous accompagnera pendant une bonne partie de l'ascension.
Promontoire d'Arghjova — Panorama sur la Balagne
Environ 2h30 après Calenzana, le sentier passe par le Promontoire d'Arghjova, belvédère naturel d'où la baie de Calvi se déploie dans toute sa largeur. C'est un bon endroit pour faire une courte pause et contempler le chemin parcouru avant d'entamer la seconde partie de l'étape, plus technique.
Bocca à U Saltu (1 250 m) — Entrée en haute montagne
Passé 1 000 mètres, le caractère du sentier change. On quitte progressivement la végétation méditerranéenne pour aborder des versants granitiques. La Bocca à U Saltu (1 250 m) marque l'entrée dans la haute montagne corse. Depuis ce col, on découvre le Capu Ghiovu et les crêtes déchiquetées qui jalonnent la suite du parcours. Le sentier devient plus pierreux, les pierriers apparaissent.
Bocca à U Bazzichellu (1 490 m) — Le passage câblé
C'est ici que commence le tronçon le plus technique de l'étape. Des plaques de granit imposantes requièrent l'usage des mains. Un câble de sécurité équipe le passage le plus délicat. Ne sous-estimez pas ce passage avec un sac lourd : prenez le temps de vous assurer à chaque appui. Par temps sec, la difficulté reste raisonnable. Par temps mouillé ou en cas de brouillard, la prudence s'impose.
Depuis la Bocca à U Bazzichellu, le refuge est enfin visible. La descente vers Ortu di u Piobbu est courte mais expose les genoux — les bâtons de marche sont les bienvenus.
Refuge d'Ortu di u Piobbu (1 570 m) — L'arrivée
L'arrivée au refuge est une délivrance méritée. La vue qui s'offre à vous est saisissante : un panorama à 180° sur Calvi, l'Île Rousse et toute la Balagne que vous avez quittée des heures plus tôt. On réalise alors le chemin accompli en une seule étape.
Note importante : Le refuge d'Ortu di u Piobbu a été détruit par un incendie en 2019. Les installations actuelles sont provisoires (tentes, cuisine extérieure, sanitaires). Une source d'eau se trouve à 80 mètres au sud du refuge. Pensez à vous ravitailler en eau en arrivant.
Reposez-vous, car l'étape 2 vers Carozzu n'est pas moins corsée.
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